Est-ce le rôle de l’État de produire du bonheur ?

Politique économique

Est-ce le rôle de l’État de produire du bonheur ?

Depuis 1793, l'article premier de la Déclaration de droits de l'homme et du citoyen considère que « le but de la société est le bonheur commun ». Mais l'État doit-il pour autant en être le pourvoyeur ? Félicien Lemaire, professeur des universités à la faculté de droit, d’économie et de gestion d’Angers, et Fiona Ottaviani est enseignante-chercheuse en économie à Grenoble École de management, en débattent.

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Non, il n’a qu’une obligation de moyens

Juriste, Félicien Lemaire est professeur des universités à la faculté de droit, d’économie et de gestion d’Angers. Ses thèmes de recherche portent sur le bonheur, la souveraineté, et l’indivisibilité de la République. Il est le coordinateur scientifique du projet « BonDroit », qui interroge la relation entre bonheur et droit.

L’État n’est pas et ne saurait être un dispensateur de bonheur ! Il a encore moins une capacité à le produire ! Attention à l’équivoque de la question. Celle-ci résulte d’une confusion liée à la quête révolutionnaire du bonheur. 

Que le thème du bonheur collectif soit martelé comme une antienne par les révolutionnaires, que la Déclaration de 1789 fasse référence dans son préambule au « bonheur de tous » ou que l’article 1er de la Déclaration de 1793 précise que « le but de la société est le bonheur commun » n’implique nullement une volonté d’imposer le bonheur, il s’agit simplement d’un objectif.