Faut-il (ré)indexer les salaires sur l’inflation ?
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Politique économique

Faut-il (ré)indexer les salaires sur l’inflation ?

Erwan Pastol, Professeur de SES
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Mesurée à 4,8 % en avril, l’inflation grignote notre pouvoir d’achat. Faut-il pour autant calquer l’augmentation des salaires sur celle des prix ? En économie, avantages et inconvénients de cette mesure sont clairement identifiés.

C’est un décrochage invisible sur la fiche de paie, mais qui devient tangible lors des passages en caisse. Si un salarié français n’obtient pas d’augmentation en 2022, son pouvoir d’achat pourrait reculer de 3,7 à 4,4 % selon le pire des scénarios de hausse des prix anticipés par la Banque de France. Autrement dit, à salaire nominal inchangé, son salaire réel baissera sensiblement.

Éco-mots

Salaire nominal/salaire réel

Le salaire nominal est la somme perçue parun salarié à la fin du mois en rémunération de son travail. Le salaire réel désigne le pouvoir d’achat de cette rémunération, autrement dit le salaire compte tenu de l’inflation. Par exemple, si une salariée gagne 2 000 euros par mois, mais vit dans un pays dont le taux d’inflation mensuel s’établit à 10 %, son salaire réel n’est que de 1 800 euros par mois.

Pour enrayer ce phénomène, l’indexation des salaires sur l’inflation a longtemps été pratiquée en France et dans d’autres pays industrialisés, avant d’être progressivement abandonnée. L’économiste Patrick Artus rappelle que, dans les rangs des pays de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), l’indexation des salaires aux prix est estimée économétriquement à 0,85 entre 1960 et 1989, contre 0,37 entre 1990 et 2022.