Grand Écart - impôts, qui a profité du quinquennat Macron ?

Politique économique

Grand Écart - impôts, qui a profité du quinquennat Macron ?

ENQUÊTE VIDÉO - À l'aube de l'élection présidentielle, il est temps de faire le bilan du quinquennat qui s'achève. Pour l'Éco, dans ce nouvel épisode de Grand Écart, s'intéresse à la manière dont Emmanuel Macron aura transformé, de façon pérenne, le système de redistribution - autrement dit, la "solidarité forcée" - entre riches, pauvres, très riches, très pauvres.

Le prix d'un paquet de cigarettes avait déjà bondi pendant la présidence de Nicolas Sarkozy, puis a continué sous François Hollande avec + 12 %, jusqu'à atteindre 10 euros (+ 42 %) sous le quinquennat Macron. Avec la taxe carbone, cette mesure pourrait expliquer grandement la perte de niveau de vie subie par les Français les plus pauvres au cours des cinq dernières années.

À l'aube de l'élection présidentielle, il est temps de faire le bilan du quinquennat qui s'achève. Cet exercice permet de se détacher un peu des mesures d'urgence prises depuis deux ans pour pallier à la crise sanitaire ou à celle des prix de l'énergie, et de s'intéresser plutôt à la manière dont Emmanuel Macron aura transformé, de façon pérenne, le système de redistribution - autrement dit, la "solidarité forcée" - entre riches, pauvres, très riches, très pauvres.

Verdict de l'Institut des politiques publiques1 : quasiment tous les ménages ont gagné, avec une augmentation moyenne de 1,6% de leur niveau de vie. Et deux exceptions notables : les 1% riches ont bénéficié le plus (+ 2,8 %), alors que les 3 à 5 % des plus pauvres ont, eux, perdu en niveau de vie.

Qui sont les gagnants du quinquennat ?

Mais, au fait, combien devez vous avoir pour faire partie du club des 1 % des Français et Françaises les plus riches ?

127 000 euros par an - soit 10 500 euros par mois - une fois vos impôts payés et vos prestations sociales reçues. À titre de comparaison, le Français « du milieu » ou médian (la moitié de la population est plus riche que lui et l'autre moitié est moins riche) vit, lui, avec 1 842 euros par mois. En deça de 972 euros mensuels, votre niveau de vie fait partie des 10 % les plus bas.

Chiffres divergents : qui croire ?

La Direction générale du Trésor public s'était livrée au même exercice à l'été 2021, concluant, à l'inverse, que les plus pauvres avaient bénéficié du quinquennat. Alors, qui ment?

Personne, mais chaque institut utilise sa propre méthode, qui nécessite de faire des choix forcément discutables. Par exemple, le Trésor évalue l'impact du quinquennat sur la population séparée en dix groupes, alors que l'IPP choisit un découpage plus fin, au centième. Du coup, leurs deux conclusions ne sont pas antinomiques : les 10% les plus pauvres peuvent avoir bénéficié à hauteur de 4% (selon la DG Trésor) en même temps que les 1% les plus pauvres ont, eux, perdu 0,5% de niveau de vie (selon l'IPP). Autre différence: l'IPP prend uniquement en compte les mesures décidées pendant la présidence d'Emmanuel Macron, alors que le Trésor ajoute les mesures adoptées préalablement à son élection mais qui ont été mises en application sous Macron. A vous de choisir ce qui vous semble le plus juste pour évaluer un quinquennat.

Bref, pas facile de dresser un bilan comptable global de l'impact net de toutes les mesures sociales et fiscales décidées sous la présidence Macron.

Pour comprendre l'idéologie qui se dégage de son quinquennat, mieux vaut regarder l'impact de chacune de ses grandes réformes. C'est ce que l'on fait - en couleurs et en graphiques - dans notre vidéo Grand écart, ci-dessus.

Surtout, la regarder vous permettra d'évaluer si vous, personnellement, avez gagné ou perdu de ce quinquennat, selon que vous soyez propriétaire, bénéficiaire ou contributeur net de la sécurité sociale, retraitée, smicard, automobliste, fumeuse... Loin des raccourcis simplistes.

1. L’impact des mesures budgétaires 2022, et rétrospective sur le quinquennat 2017-22, IPP, Novembre 2021