Le métier d’agriculteur en ville renoue avec une très ancienne tradition. Il permet aussi de retisser sur un territoire des liens distendus entre producteurs et consommateurs.

Agriculteur urbain

La Caverne, dans le 18e arrondissement de Paris, porte bien son nom. Pour la découvrir, il faut s’enfoncer sous terre. De l’extérieur, impossible de deviner qu’il s’agit d’une ferme en agriculture biologique : on ne voit qu’une rampe de parking. C’est au deuxième sous-sol que l’on retrouve Jean-Noël Gertz, cofondateur de La Caverne, juché sur la trottinette qu’il utilise pour se déplacer plus rapidement dans cet ancien parking souterrain de 9 000 mètres carrés transformé en exploitation agricole. « Nous cultivons des champignons, des pleurotes, des shiitakés, et des endives. En souterrain et en biologique, c’est tout ce que nous pouvons faire », explique-t-il.

Caverne d’Ali Baba

Ingénieur de formation, Jean-Noël Gertz s’est reconverti dans l’agriculture en 2014. « J’ai cherché un projet près de chez moi, c’est-à-dire en ville, raconte-t-il. Or à Strasbourg, pour des raisons historiques, on a beaucoup de foncier souterrain. » C’est donc dans un ancien bunker construit en 1878 par des Allemands que Jean-Noël Gertz lance sa première ferme urbaine bio, baptisée Le Bunker comestible. Il répond ensuite à un appel à projets à Paris, qui donnera naissance à La Caverne. Aujourd’hui, il poursuit deux nouveaux projets de fermes urbaines souterraines, dans le 19e arrondissement de Paris et à Bordeaux.