Lucile Chevalier
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Le « CM » de 2019 n’a plus rien à voir avec celui de 2009. Le métier s’est hautement spécialisé. Le candidat doit être créatif et maîtriser les logiciels de montage vidéo, de graphisme et de retouches photo.

Le métier de community manager mène à tout… y compris à Buckingham Palace. La reine d’Angleterre s’est en effet attaché, en mai dernier, les services de l’un de ces professionnels de la communication sur les réseaux sociaux. À raison de 37,5 heures par semaine et pour un salaire de 2 800 euros net par mois, l’heureux élu a pour mission de trouver de nouvelles façons de raconter Elisabeth II. Un job royal ! Mais pas si facile. Ce métier, qui n’existait pas il y a 15 ans, a longtemps souffert d’une mauvaise réputation. Passer sa journée à poster des vidéos de chat sur un skate-board et quelques émojis, on a connu travail plus harassant, pestaient les jaloux. Pas si simple… Six community managers sur 10 ont un bac + 5.

Une obsession : faire réagir

« Je commence ma journée en regardant si les publications que j’ai postées la veille sur Twitter et LinkedIn ont été “likées”, commentées et partagées. Et j’essaie de comprendre pourquoi un contenu a suscité l’adhésion de la communauté et un autre non. Je regarde aussi ce que font nos concurrents, pour m’en inspirer », témoigne Cyril Blondel, embauché en 2015 par la FinTech Dalenys. Le « taux d’engagement », c’est l’obsession du community manager. Car les internautes, en s’engageant sur un contenu, autrement dit en réagissant, le rendent visible pour leurs « amis ». Et cela est très bénéfique pour l’entreprise. Plus on parle de ses produits et de la manière dont elle a décidé de leur production, plus elle gagnera des clients.