Les délocalisations créent du chômage

Politique économique

Les délocalisations créent du chômage

[Chronique des belles idées fausses] Lorsqu’une entreprise française quitte le pays pour aller s’installer ailleurs, ses ouvriers se retrouvent au chômage. L’affaire semble entendue. Mais est-ce aussi simple ? Pas sûr, car dans un monde globalisé comme le nôtre, la production résulte d’un réseau inextricable de fournisseurs, de sous-traitants, de coentreprises. Le commerce international n’est plus une affaire de pays mais d’entreprises.

Une Toyota Yaris est fabriquée en France, une Renault Twingo en Slovénie. L’une comme l’autre contiennent des composants allemands, italiens ou turcs. Le moteur de la Twingo est fabriqué en Roumanie. Il équipe la nouvelle Smart, allemande, mais fabriquée en Lorraine. Nike, c’est bien connu, n’a jamais produit une seule paire de chaussures aux États-Unis…

En réalité les délocalisations ne sont que l’aspect le plus spectaculaire d’un processus incessant de segmentation de la production et de la distribution (en fonction des avantages comparés) des différents tronçons de la production à travers la planète. Cette distribution internationale de la production peut être, exceptionnellement, pilotée par les États. C’est le cas pour Airbus dont la fabrication est dispersée à travers l’Europe. Mais la plupart du temps, ce sont les entreprises qui mettent en œuvre ce processus que les États n’ont ni les moyens, ni la volonté de contrôler, si ce n’est de manière marginale, par des aides diverses ou des subventions.