Méfiance envers la médecine : les professionnels désemparés
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Méfiance envers la médecine : les professionnels désemparés

Audrey Fisné-Koch
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Autrefois, personne n’osait remettre en question la parole du praticien. Mais le patient de 2021, saturé d’informations parfois fantaisistes, donne son avis et considère parfois la relation médicale comme une prestation de service. La confiance n’est plus ce qu’elle était.

Jeune retraité, Michel-Henri André a exercé pendant plus de 40 ans à Sainte-Menehould, dans la Marne. Dans son cabinet de chirurgien-dentiste, il raconte n’avoir «  jamais refusé un seul patient. Franchir la porte, c’est déjà choisir son praticien et montrer qu’on lui fait confiance. »

Pour lui, cette notion est la base de toute relation médicale, « c’est elle qui fait que le patient adhère au soin ». Aujourd’hui, « c’est la dérive. La confiance a cédé le pas à une sorte de mercantilisme, comme si le médecin devenait une espèce de prestataire de service ! »

En quelques décennies, la relation médicale a été bouleversée. Pendant plusieurs siècles, le médecin représentait le savoir et l’autorité. Le patient était passif et obéissant. À partir de la deuxième moitié du XXe siècle, ce dernier a demandé plus d’informations.

Plusieurs facteurs expliquent cette évolution : la démocratisation des études supérieures, le développement d’internet, mais aussi la multiplication des scandales sanitaires.