Opinion. Derrière la concurrence responsable, le progrès
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Opinion. Derrière la concurrence responsable, le progrès

Emmanuel Combe, vice-président de l’Autorité de la concurrence, professeur à Skema Business School, président de la Société d’économie politique
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Et si l'on voyait la concurrence autrement que comme vecteur de prix bas ? Emmanuel Combe, vice-président de l’Autorité de la concurrence, adresse un plaidoyer pour la concurrence, nécessaire à l'amélioration de la qualité des produits et à l'innovation. Mais souligne qu'elle doit être encadrée afin de lutter contre les pratiques déloyales.

En France, elle est souvent présentée comme une idéologie consistant à privilégier la seule recherche du prix bas, au détriment de toute autre considération économique. Cette vision de la concurrence est profondément réductrice.

Si l’on reste du côté des consommateurs, la concurrence redonne non seulement du pouvoir d’achat à ceux qui payaient plus cher auparavant, mais elle élargit surtout la taille du marché en ouvrant l’accès à de nouveaux clients.

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En Europe, l’entrée de nouvelles compagnies aériennes a conduit depuis 20 ans à une démocratisation du transport aérien. Plus encore, la concurrence constitue un vecteur d’amélioration de la qualité des produits et services : la crainte que le client n’aille voir ailleurs incite les producteurs à être attentifs aux besoins. À titre d’exemple, l’arrivée des VTC en 2011 a contribué à augmenter la qualité de service chez les taxis concurrents.

Troisième vertu de la concurrence pour les consommateurs : elle permet à chacun de trouver le produit qui lui convient le mieux, en augmentant la variété. Ainsi, dans le domaine automobile, la concurrence internationale permet, par le biais des importations, de disposer d’un large choix de véhicules, des plus luxueux aux plus frugaux, en passant par les plus « verts ».