Édito - Le pouvoir d’achat, une cause à double tranchant

Services

Édito - Le pouvoir d’achat, une cause à double tranchant

Au cœur de la campagne présidentielle, tous les candidats promettent plus de pouvoir d’achat pour répondre à l'obsession des Français. Possibilité ou mirage ? C’est le sujet que la rédaction de Pour l’Éco a fait le choix de traiter ce mois-ci.

Les émeutes du Nutella, ça vous dit quelque chose ? Du 25 au 27 janvier 2018, Intermarché propose le pot à 1,40 euro au lieu de 4,50 euros. Des dizaines de clients en viennent aux mains. La France est bouche bée, mais les sociologues et les sondeurs ne sont pas surpris. Marqueur de statut social, l’accès aux marques premium est un désir très puissant chez les consommateurs et le « vouloir d’achat » provoque des frustrations qui abîment le rapport entre les citoyens et le « système ».

À deux mois de l’élection présidentielle, l’économie n’est pas au centre des discussions, mais le pouvoir d’achat est dans toutes les têtes. Voilà pourquoi nous lui consacrons ce numéro.

La double face du pouvoir d’achat

Les statistiques sont formelles : en moyenne, les Français n’ont jamais été aussi riches et le quinquennat qui s’achève a favorisé presque toutes les catégories. Problème : les Français n’en croient rien. Le poids des dépenses contraintes, qui rognent leurs marges de manœuvre, les obsède au point de leur faire oublier que l’État leur fournit, plus que dans la plupart des pays comparables, pléthore de services, gratuits ou presque, qui restaurent leur niveau de vie. Bienvenue dans la « redistribution élargie ».

Et les politiques ? Ils savent que l’inflation est de retour, qu’elle se faufile de mille manières dans l’économie et qu’elle n’est peut-être pas si provisoire, alors ils s’inquiètent du pouvoir d’achat et ils ne sont pas les seuls. Les ténors de la grande distribution, lancés dans une impitoyable guerre des prix, brident salariés et producteurs. Ils cherchent le produit miracle qui fera venir et rester les clients. Pour l’instant, la couche-culotte tient la corde. En ligne, enfin, c’est la jungle. L’État vient d’ordonner le déréférencement de Wish, encore une « place de marché » qui proposait à vil prix des objets trop systématiquement défectueux.

Le pouvoir d’achat est un combat crucial, mais c’est une cause à double tranchant.

Bonne lecture,

Stéphane Marchand, directeur de la rédaction de Pour l’Éco

Lire ici le sommaire de notre magazine

PLE38-1-COUV.jpg